Un Plan Climat déséquilibré : la ville doit agir au niveau des quartiers

À quelques semaines de la COP 21 (Conférence de Paris sur le Changement Climatique), vous nous proposez un Plan Climat enrichi. Est-ce une opération de communication ou un engagement concret et précis de la ville de Lyon dans la lutte contre le changement climatique sur son territoire ?

Cette COP 21 ambitionne de mener une révolution énergétique. A l’UDI, c’est une volonté et une ambition que nous partageons.

Nous pensons aussi que les villes ont un rôle central à jouer dans les politiques liées au changement climatique. Pour prendre le train de la révolution énergétique, la dynamique des territoires est essentielle.

La question n’est plus de savoir si oui ou non nous aurons à faire face à un changement climatique mais de combien de degré ce changement impactera nos villes. À Lyon, les températures moyennes ont déjà augmenté de 1,5 ° C entre 1980 et 2007, ce qui est considérable. Ce changement climatique observé depuis les années 80 représente une extension du climat méditerranéen vers le Nord. Dans notre ville, aujourd’hui, le climat est devenu celui que connaissait Montélimar en 1980 ! Si l’on se projette en 2050, on devrait vivre à Lyon avec le même climat qu’à Madrid aujourd’hui !

Le phénomène de canicule qui a touché la France, et tout particulièrement notre ville, l’été dernier, a souligné l’importance de lutter contre les îlots de chaleur. L’enjeu est d’adapter un territoire urbain dense et construit comme Lyon à ces évolutions climatiques. Cela concerne directement les Lyonnais : l’îlot de chaleur particulièrement intense en période de forte chaleur amplifie localement le risque de stress urbain.

C’est un grand défi pour nous comme pour les prochaines générations.

Le Plan Climat, défini par le Grenelle de l’Environnement de 2010, est un outil indispensable dans cette politique de lutte contre le changement climatique. Pour notre groupe, il doit être un document stratégique d’organisation et de planification de mesures d’atténuation et d’adaptation. L’innovation doit aussi être au cœur de ce Plan Climat pour en faire un outil puissant. On ne résoudra pas les problèmes de demain avec les solutions d’hier !

Sur le volet atténuation, vous proposez un plan de rénovation énergétique des bâtiments municipaux de 25 millions d’euros. C’est une bonne chose et, en effet, il est temps de s’attaquer enfin à cette question pour réduire les gaz à effet de serre mais aussi pour faire des économies de fonctionnement tout simplement.

Concernant l’adaptation, les grandes familles de solutions sont connues comme la végétalisation, la modification des revêtements, l’usage de l’eau… mais leur impact réel l’est moins. Pour le groupe UDI, il faut regarder à très petite échelle, dans nos quartiers, pour chacune des solutions laquelle est la mieux adaptée à tel endroit avec la plus grande portée et efficacité.

Sur ce volet de votre Plan Climat vous affichez beaucoup de bonnes intentions très générales. Il manque cependant des actions concrètes. Nous vous demandons d’intégrer dans le PLU, en cours de révision, des actions sur l’énergie et le climat pour chaque quartier. Un important travail a déjà été fait au niveau de la métropole (le Grand Lyon à l’époque) pour identifier les vulnérabilités et cartographier les îlots de chaleur. Il faut capitaliser sur ce travail pour que Lyon soit exemplaire.

En conclusion, nous trouvons ce plan déséquilibré. Il va dans le bon sens sur le volet « atténuation » (c’est-à-dire pour la réduction des gaz à effet de serre). Mais il est flou sur le « volet adaptation » : des bonnes intentions mais pas d’objectifs précis, pas de chiffres et pas de projet.

Bref, pour faire de Lyon une ville avec une qualité de vie durable, du chemin reste à faire.

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