Un PEDT à la vieille sauce socialiste : un gout amer d’inégalité

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Vous nous demandez d’approuver aujourd’hui le nouveau Projet éducatif de territoire de la Ville de Lyon pour la période 2018/2021 ainsi que la programmation des activités scolaires et périscolaires pour l’année qui vient de débuter.

C’est donc la déclinaison concrète de la nouvelle organisation des temps scolaires et périscolaires en vigueur depuis la rentrée et l’orientation que vous voulez donner, Monsieur le Maire, à la politique éducative de la Ville pour les trois prochaines années.

À Lyon, le PEDT est fondé, depuis de nombreuses années, sur 4 grands principes devenus intangibles. Ils ont pour but de favoriser la réussite scolaire et éducative afin d’offrir la possibilité à chaque enfant et adolescent de devenir un adulte autonome et responsable. La nouveauté, Monsieur le Maire, est que vous avez énoncé, pour ce nouveau PEDT, quatre priorités de travail pour la période de 2018-2021 : développer l’école citoyenne, accompagner l’accueil des enfants d’âge maternel, prévenir le décrochage scolaire et déployer l’usage et la culture du numérique. Des pistes d’amélioration et d’approfondissement qui reflètent de bonnes intentions que nous partageons.

Cependant, comme vous le savez, l’enfer est pavé de bonnes intentions. L’important est d’observer leur application concrète dans les écoles.

À première vue, comment ne pas saluer et se réjouir de l’investissement global fait par la Ville de Lyon qui permet à toutes les écoles de bénéficier de l’intervention d’un ambassadeur du livre, de financer 96 projets musiques, de financer d’ici la fin de l’année civile 27 classes découvertes sans oublier les 97 annoncées sur l’année 2019, ainsi que 91 projets d’initiatives locales.

Cependant, lorsque l’on regarde en détail les enveloppes financières arrondissement par arrondissement voire école par école, ont se rend rapidement compte qu’il y a un problème. On note sur certaines écoles des différences importantes d’une année à l’autre. Pourquoi ? Et bien parce que, contrairement aux années précédentes, vous avez décidez, Monsieur le Maire, dès le lancement de la programmation de réserver certains dispositifs pour les écoles des quartiers dit « prioritaires ». Si l’accompagnement des écoles de ces quartiers est une évidence, il ne doit pas se faire au détriment des autres écoliers lyonnais. Or, c’est précisément la démarche que vous nous présentez. L’accès à certaines activités est, cette année, conditionné au quotient familial moyen par école. Un choix injuste qui ne tient pas compte de la situation familiale réelle de l’élève mais de la situation de l’école dans laquelle il est inscrit. Avec ce dispositif, deux élèves ayant des familles à capacités financières équivalentes n’auront pas les mêmes services s’ils sont inscrits, par exemple, dans l’école Lumière du 8e ou dans l’école prioritaire Charles Peguy du 8e. Pour les élus du groupe « les Indépendants » cette rupture de l’équilibre entre les enfants des différents arrondissements est en contradiction avec l’objectif même du PEDT qui doit s’adresser à l’ensemble des enfants et des adolescents de 2 à 16 ans et à leurs familles. Malheureusement, l’ensemble de la programmation est trop souvent le reflet de ce choix.

Tout d’abord, la lutte contre le décrochage scolaire, l’une des quatre nouvelles priorités, apparait limitée dans sa mise en œuvre aux quartiers faisant l’objet de la Politique de la Ville. Comment peut-on définir une priorité de travail dont la mise en œuvre serait limitée à certains quartiers ? Le décrochage scolaire est malheureusement une réalité qui n’a pas de frontières. À la lecture de ce rapport, les Clubs Coup de Pouce CLE qui ont permis d’accompagner des enfants dans l’apprentissage de la lecture et dont nous avions salué le retour il y a un an, disparaissent à nouveau. Pour être plus exact, vous avez annoncé qu’ils seront substitués par des Coups de pouce CLA, atelier langage pour les grandes sections de maternelle. Combien y en aurait-il ? Quelles seront les écoles bénéficiaires ?

Quelles sont les actions que vous allez mettre en œuvre pour lutter contre le décrochage scolaire dans l’ensemble des écoles de la Ville de Lyon ?

Enfin, vous rappelez le rôle primordial du médico-social dans les écoles lyonnaise, pour le bon développement de l’enfant, sa réussite et sa santé. Sur le terrain, on observe en cette rentrée un redéploiement des équipes en fonction de la typologie des écoles. Ainsi, notamment trois écoles, Lamartine (2e), Commandant Arnaud (4e), Jean Racine (6e), se retrouvent privées de la permanence, hebdomadaire ou bi-hebdomadaire, d’une infirmière ou d’un médecin alors même que des classes ULIS sont présente dans le groupe scolaire. On peut légitimement craindre que le suivi précédemment assuré dans ces écoles perde en qualité.

Vous voyez Monsieur le Maire entre des bonnes intentions et leurs mises en application il y a un monde. Aujourd’hui, il y a une contradiction entre les principes de départ, sur lesquels nous sommes tous d’accord, et leur concrétisation. Vous créez une discrimination sociale et géographique en contradiction avec les principes partagés et communs.

Pour ces raisons, nous nous abstiendrons sur ces deux dossiers. 

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