Soutien aux commerces de la Presqu’ile : une vision globale et à long terme est nécessaire

Monsieur, le Maire,

       Les commerces de la Presqu’île connaissent, depuis plusieurs mois, une diminution sensible de leurs chiffres d’affaires en partie dû aux manifestations des gilets jaunes qui ont fait fuir la clientèle. C’est un manque à gagner, pour les commerçants de la Presqu’ile lyonnaise, de près de 50 M € depuis novembre dernier, soit plus de 10% de leurs chiffres d’affaires annuel en moins de 6 mois.

       Devant le risque de désertification commerciale de notre cœur de Métropole, nos collectivités doivent récréer les conditions favorables à un retour de l’attractivité commerciale de ce territoire d’exception. Car la Presqu’île sans ses commerces ce n’est plus Lyon. C’est en ce sens que vous nous présentez aujourd’hui, un plan de revitalisation par le gel de tous les tarifs d’occupation du domaine public lié aux fonds de commerce, la gratuité des terrasses de la Presqu’île durant les mois de juin, juillet et août 2019 et l’exonération totale des redevances des kiosques de la Place Bellecour. Un manque à gagner de l’ordre de 700 000 € pour la Ville. L’Etat a également lancé, la semaine dernière, l’opération nationale de revitalisation et d’animation des commerces avec un budget de 150 000 €pour favoriser l’action collective et la promotion économique de la Presqu’île.

         Les élus du groupe « les Indépendants », apprécient cette surenchère préélectorale car ces aides sont les biens venus pour les commerçants concernés même si elles oublient les commerces hors de la Presqu’ile et tous les commerces, qui n’ont pas de terrasse. Des aides ponctuelles et restreintes qui ont le mérite d’exister mais qui ne sont que des mesures de court terme et qui ne règleront pas le problème de fond. Car, si les manifestations des gilets jaunes, ont entrainé un détournement important de la clientèle de la Presqu’île de Lyon, c’est un mal plus profond qui ronge notre cœur de Métropole.

         Stationnement, propreté, urbanisme, sécurité, voirie, incivilités, mobilités de demain, inégalités de traitement entre indépendants et grandes chaînes, espaces verts, commodités, travaux autant de sujets qui jouent un rôle déterminant dans l’attractivité commerciale. Et aujourd’hui, nos collectivités, il faut avoir le courage de le dire, ne sont pas à la hauteur.  Il y a une tolérance aux incivilités qui ne sont pas verbalisée et qui contribue à une dégradation de la situation.

         Aujourd’hui, Monsieur le Maire, on ne comprend pas votre logique globale sur ce sujet. Elle apparait contradictoire lorsque, en même temps, vous soutenez financièrement le commerce et diminuer le nombre de stationnement ou laisser se dégrader le cadre de vie. On ne sauvegardera pas l’emploi et l’activité des commerces en cœur de Métropole sans une vision globale et à long terme de l’ensemble des facteurs qui contribue à l’attractivité d’un territoire. Il faut, tout d’abord, vivre la Presqu’île différemment en retravaillant la qualité de l’accueil car un espace public, propre, beau, confortable et tranquille contribue à créer un cercle vertueux.  Il faut, ensuite, maintenir la quantité, la diversité et la très grande qualité des commerces en Presqu’île. Enfin, il faut capitaliser sur la valeur du commerce physique et sa valeur ajoutée que sont l’accueil, les conseils et la qualité de service. C’est vital pour  nos entrepreneurs mais c’est aussi et surtout vital pour notre coeur d’agglomération !

         C’est d’ailleurs, le message de l’opération « Stop à une situation très dégradée en Presqu’île » qu’a porté, samedi dernier, l’association Carré Nord Presqu’île qui regroupe plus de 200 commerçants. Ils veulent être écouté et entendu, Monsieur le Maire. Car aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Ils vivent le même calvaire que les mairies d’arrondissement : l’ignorance de la municipalité. Exactement comme si’ls n’existaient pas !

         Je prendrais pour exemple une triste expérience que les élus d’arrondissement du 2e ont encore vécu la semaine dernière. Dans la même journée, celle du mardi 14 mai, nous avons tout d’abord, reçu un mail nous informant de la nouvelle mise en lumière officielle de l’Hôtel Dieu seulement 2 jours plus tard avec une cérémonie officielle.  Ne venez pas nous dire que la mise en valeur d’un bâtiment de ce type avait été décidé la veille ! Nous avons ensuite, appris des commerçants de la rue Victor Hugo une réorganisation du phasage des travaux de la rue. La Mairie d’arrondissement a été oublié dans ce circuit d’information ou, plus précisément, délibérément écarté car Mr Le Faou, qui ne veut pas que la mairie du 2e ait de l’information sur ces travaux. C’est pourtant à la mairie que les commerçants et les habitants viennent chercher de l’information. Nous les renvoyons à la Métropole qui ne répond pas. Mr le Faou, nous a promis de l’information à plusieurs reprises. Il n’a jamais tenu ses promesses. Il nous avait promis aussi la présence de la technicienne d’arrondissement aux réunions de chantier. Elle n’a jamais été invité. C’est dire votre mépris pour les élus et donc pour la démocratie. Enfin, c’est l’association Presqu’île en colère qui nous a informé que la rue du président Édouard Herriot serait interdite à la circulation les vendredis et samedis entre 22 heures et 4 heures du matin. Une décision pourtant demandée par la mairie d’arrondissement et évoqué quelques heures avant avec vos services qui ne nous ont rien dit.  Monsieur le Maire, vous continuez de mépriser les élus d’arrondissement. Si vous vous comportez de la même façon avec les commerçants ou les agents de la ville, nous pouvons comprendre leurs désarrois.

         Changer votre gouvernance, Monsieur le Maire. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ayez un peu d’écoute et de considération pour les élus d’arrondissement et à fortiori pour les commerçants qui souffrent.

 Je vous remercie.

Denis Broliquier

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