Rénovation des petites serres du Parc de la Tête d’Or : une arlésienne !

Monsieur le Maire, 

Lors de la séance du conseil municipal du 19 septembre 2011, vous expliquiez que « les petites serres, nous les rénoverons dès le début du prochain mandat ». 

Lors du conseil municipal d’avril 2013, vous aviez indiqué à Monsieur le Maire du 6ème que le dossier des petites serres du Parc de la Tête d’Or serait, je cite, « un élément central de mon 3ème mandat » … Visiblement, nous n’avons pas la même définition du terme « central » … mais enfin, depuis plus de 10 ans que nous intervenons sur ce dossier, je suis heureuse que ce patrimoine immobilier et végétal voie un frémissement d’action….

Je ne sais pas si la visite du chef RAONI vous a conduit à une prise de conscience sur la richesse du jardin botanique du Parc, 1er jardin botanique de France, 5ème d’Europe et dans les 10 premiers du monde, avec plus de 14 000 espèces, dont certaines bien sûr menacées, 60 000 plantes, et des spécialistes connus mondialement pour leurs expertises sur certaines espèces.

Or, quelle est la situation ? Depuis plus de 10 ans, nous intervenons   sur l’état de délabrement des petites serres, sur la sécurité du personnel et des visiteurs. D’autant plus que dans le même temps, la Ville habille votre absence de motivation sur ce sujet par des études de synthèse dont une déclenchée en avril 2013, des programmes, une serre provisoire en novembre 2012 … Depuis, il suffit d’examiner le tableau officiel des conduites d’opérations de travaux sur la Ville pour constater que le calendrier de rénovation des petites serres est en « standby ».  

Pourtant, depuis 2003, différentes études ont été conduites et devaient permettre de définir un programme déjà bien structuré. Déjà en 2010, les petites serres étaient très dégradées. En séance du conseil municipal, Gilles BUNA vous laissait d’ailleurs juge de la sécurité du personnel et des services de la DGTB, tout comme les entreprises refusaient d’y intervenir pour raisons évidentes de sécurité. Filets, complétés par des morceaux de cartons et plastiques étaient déjà installés … de façon provisoire…. Déjà, depuis 3 ans à l’époque…. 10 millions d’euros étaient prévus à la PPI, somme que l’on savait à priori insuffisante mais qui permettait alors d’inscrire cette opération dans le mandat 2014 / 2020.

Aujourd’hui, dans cette délibération, vous nous proposez de construire une serre de conservation. En effet, nous avons malheureusement déjà perdu 20 % des collections. Il est donc impératif que nous avancions sur ce dossier. Mais ce ne peut être que le début d’un engagement réel dans la démarche de réhabilitation et de reconstruction des serres. Le terme de « pourra », indiquer dans votre délibération, est vraiment bien timide si votre détermination est cette fois réelle. 

Plus généralement, je souhaiterais élargir le débat car le Parc est, il faut le rappeler, le 1er site le plus visité de Lyon avec plus de 3 millions de visiteurs.  Si nous ne pouvons que féliciter les équipes du jardin botanique et zoologique, passionnantes et passionnées, il suffit de se promener au Parc pour se rendre compte que les bâtiments sont dans un état de dégradation évident, on peut parler de la ferme Lambert, des toilettes et de la signalétique qui ne sont pas dignes de ce site.

Vous savez bien que les grandes serres, elles aussi, doivent être consolidées et vont devoir subir des travaux conséquents, puisque là aussi des éléments de charpente tombent dans ces serres, la grille de la porte proche du lycée du Parc a pris le virus de la porte principale et est entourée par une « chaussette » pour éviter les chutes de métal sur les promeneurs. Et je ne parle pas du reste des grilles… Entre les grilles et les serres, le budget « filets de protection » doit d’ailleurs être conséquent. Je ne vous parle pas non plus du chalet du Parc fermé depuis des années, un coup démoli, un coup restauré.  

Certes, le portail principal vient d’être superbement restauré, l’éclairage a été repris sur les allées principales, et plus de 20 M € ont été dépensés ces dernières années. Mais faut-il attendre à chaque fois que « des bouts tombent » comme le disait Gilles BUNA en 2011 au sujet de la pergola de la grande roseraie, pour que nous intervenions ? Vous n’avez aucune stratégie globale pour le parc de la Tête d’Or. Le problème, c’est que l’absence de choix éclairé conduit à la dégradation exponentielle des lieux et donc au surcoût d’une réhabilitation.

Il est donc temps qu’une vraie décision politique soit prise. Posons-nous les bonnes questions et donnons-nous les moyens d’y arriver : la Ville ne peut plus faire seule.  Elle doit se tourner vers la Métropole, vers la Région, vers le mécénat et comme l’indiquait Gilles BUNA à l’époque : « il faut qu’on trouve des moyens de financement qui ne soient pas simplement ceux de la collectivité, c’est-à-dire qu’il faut associer des partenaires privés ».

Le dossier des petites serres, tout comme le plan stratégique et financier pour l’ensemble du Parc de la Tête d’Or, que nous vous demandons instamment, mérite mieux, Monsieur le Maire que des promesses électorales …

Je vous remercie.

Laurence Croizier

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