Musée des Tissus : tous les acteurs ont pris la mesure des enjeux et ont fini par s’engager. C’est ce que nous souhaitions. Le renouveau du musée est possible

Conseil municipal, lundi 16 mars 2016

Intervention de Denis Broliquier

Nous approuvons bien entendu cette convention qui acte une mutualisation des actions culturelles de notre ville et nous nous en réjouissons. Mais je voulais profiter de ce dossier pour évoquer le devenir du Musée des Tissus et des Arts décoratifs, le jour même où la CCI Lyon Métropole vote finalement le budget qui permettra la prolongation de l’ouverture du Musée jusqu’à la fin de l’année 2016. Et permettez-moi ici de remercier chaleureusement son président Emmanuel Imberton de cet effort à hauteur de 1 M€, quand on connaît les difficultés financières dans lesquelles l’Etat a mis les CCI…Nous nous réjouissons évidemment, comme tous les Lyonnais et les défenseurs de cette institution culturelle, du déblocage provisoire de sa situation. C’est un soulagement pour nos collections mais aussi pour le personnel qui vit des moments difficiles sans vision du lendemain.

Je tiens donc, Monsieur le Maire, à vous remercier sincèrement de l’effort que vous avez finalement consenti. En effet, il y a quelques semaines encore, alors que nous étions nombreux à vous demander d’intervenir, vous répondiez par la négative. Mais aujourd’hui, la situation a bien évolué ! Tous les acteurs de ce dossier ont pris la mesure des enjeux et ont fini par s’engager, l’Etat en tête. C’est ce que nous souhaitions et ce qui semblait impossible hier est finalement devenu possible.

Nous nous en réjouissons, mais restons pour autant mobilisés. Car la solution avancée n’est que provisoire. Si elle permet le maintien de l’ouverture du Musée, elle offre aussi un temps de réflexion supplémentaire pour construire un projet culturel de qualité, bâti sur un modèle économique durable. Il faut maintenant penser, ensemble, le modèle innovant, fédérant les idées, les moyens et les énergies de tous les partenaires décidés à soutenir notre Musée.

L’Etat d’abord. Si le Ministère de la Culture a finalement annoncé une participation de 250 000 € pour 2016, il doit poursuivre cet engagement dans la durée, en exerçant sa tutelle et en apportant sa contribution au projet qui va voir le jour.

Il pourrait être aidé en cela par le Ministère de l’Economie et de l’Industrie. En effet, les industriels régionaux du textile ont annoncé qu’ils étaient prêts à créer une fondation pour collecter des fonds destinés au développement du Musée. Leur Ministère de tutelle aurait donc toute légitimité à contribuer également à l’effort de guerre nécessaire. J’ai d’ailleurs écrit en ce sens à Emmanuel Macron le 9 février dernier. Contact est pris pour étudier plus en détail ce dossier et un rendez-vous devrait avoir lieu avec un chargé de mission dans les semaines qui viennent, auquel j’espère associer plusieurs acteurs de ce dossier.

Les collectivités ensuite. Si, une fois encore, Monsieur le Maire, nous saluons l’effort financier consenti pour 2016, il va falloir s’engager aussi sur la durée. Car Lyon et la Métropole seront les premiers bénéficiaires de cette nouvelle entité culturelle en termes de notoriété et de retombées économiques. Les prestigieux mécènes que vous espérez convaincre, avec l’aide de Brigitte Saby, seront les bienvenus. Mais ils ne pourront sans doute pas se substituer totalement à une participation même modeste de la Ville et, ou, de la Métropole.

Quant à la Région, si elle n’a pas encore annoncé le montant de sa participation, on parle de 250 000 € également, elle ne tardera pas à le faire, car elle a été la première à afficher clairement sa volonté de soutenir le Musée des Tissus et des Arts décoratifs.

Enfin, il ne faut pas oublier l’extraordinaire force que constitue l’ensemble des citoyens Lyonnais, Français, étrangers, qui ont manifesté leur soutien à la sauvegarde de nos collections.

Avec cette pétition d’abord, lancée par Daniel Fruman, qui a passé aujourd’hui la barre des 100 000 soutiens venant d’une cinquantaine de pays. Des soutiens anonymes ou plus connus avec des témoignages parfois très forts de personnalités comme Placido Domingo, le couturier Christian Lacroix ou encore Thomas Campbell, directeur du Métropolitan Museum of Art de New York. Je citerai également le collectif d’associations lyonnaises Canutopie et l’association créée par les descendants des donateurs de l’hôtel de Lacroix-Laval à la Chambre de Commerce de l’époque « Touche pas à mon musée ».

Toutes ces initiatives, à leur mesure, ont aussi contribué à cette première victoire qu’est le bouclage du budget du Musée pour l’année 2016. Reste maintenant à « transformer l’essai ». Transformer l’essai cela signifie transformer cet élan populaire en « or » ! Lorsque le nouveau projet pour le Musée se dessinera, fort de l’engagement de l’Etat, fort de l’engagement des collectivités et des professionnels, il faudra, comme je l’avais déjà évoqué, lancer une campagne de financement participatif. J’ai pris conseil, il y a quelques jours, en ce sens avec une société implantée à Lyon depuis l’année dernière « Kisskissbankbank ». Société que vous avez reçue, Monsieur le Maire, pur concours de circonstances d’ailleurs, la semaine dernière à la Métropole, en tant qu’entreprise innovante dans le cadre de la démarche sur la ville intelligente.

Cette société qui a notamment porté le financement participatif du très beau documentaire sur Truphémus dont la mairie du 2e arrondissement était partenaire. Il ne manque que le projet et sa fondation support pour lancer une campagne de financement participatif. Nous sommes dans les startingblocks, nous attendons la fondation support afin de pouvoir lancer une campagne de participation publique.

Tous les ingrédients du renouveau de notre musée semblent réunis. Il faut maintenant trouver la meilleure recette, ce qui ne saurait manquer à Lyon, capitale de la gastronomie.

Je vous remercie de votre attention.

Partagez !
Facebook
Facebook
SHARE