Mettre fin aux nuisances en Presqu’ile : une obligation de résultat des pouvoirs publics

Monsieur le Maire, mes chers collègues, 

C’est un soulagement de voir enfin ce dossier arriver au Conseil municipal. Cela fait plus de 6 mois que je vous demande l’expérimentation de la vidéo-verbalisation en Presqu’ile notamment sur la rue Édouard Herriot. 

La non réponse des pouvoirs publics aux faits qui se déroulent en Presqu’île, depuis plus d’un an, puis l’efficacité relative des mesures enfin déployées ont laissé s’installer un sentiment d’impunité et d’injustice chez les riverains. Les très nombreux témoignages et plaintes reçues en Mairie du 2e l’attestent, sans parler des échanges sur la page Facebook du collectif « Presqu’île en colère » qui a même lancé une action en justice pour tenter de se protéger face à l’inertie des acteurs politiques. Mais comment ne pas les comprendre ! La nuit du 14 au 15 septembre a été une marche supplémentaire franchie dans l’escalade de la violence, lorsqu’un habitant excédé a jeté des projectiles sur des conducteurs qui eux-mêmes ont voulu en venir aux mains. Imaginez le traumatisme des familles et des enfants qui en pleine nuit ont vu ou entendu leur immeuble pris d’assaut ? Ce n’est pas admissible. 

Cette ultime alerte aura eu au moins le mérite de mettre – enfin ! – tout le monde autour de la table. Enfin tout le monde où presque puisque les maires des 2 arrondissements concernés – le 1 et le 2 – n’étaient clairement pas souhaités à cette rencontre. Il a fallu lourdement insister pour que 2h avant la réunion, nous soyons finalement tolérés. Je ne commenterai pas davantage cet épisode car le sujet n’est pas là mais il devait quand même être rendu public. Vendredi dernier donc, une réunion de crise s’est tenue à la mairie centrale en présence de tous les acteurs, la préfète délégué Défense et à la Sécurité, le Président de la Métropole, le Maire de Lyon, les maires d’arrondissement du 1er et du 2e, et bien sûr le collectif « Presqu’île en colère » et des associations de commerçants. Cette rencontre a permis d’importantes avancées, concrètes et immédiatement applicables. 

Tout d’abord, le maintien de la forte mobilisation de la police municipale et le déploiement d’effectifs supplémentaires de police nationale avec notamment plus de véhicules, des motards ainsi que des agents de la brigade canine.  

Ensuite, la mise en place d’un système amovible de barrages et un renforcement des contrôles relatifs à la circulation des véhicules sur le périmètre de la presqu’île Nord. 

Autre avancée, l’élargissement et la pérennisation des horaires de vidéo-verbalisation jusqu’à 4h du matin. Merci Monsieur le Maire, d’avoir entendu l’alerte lancée au dernier conseil du 2e arrondissement. Nous avions effectivement pointé du doigt les horaires de fonctionnement de la vidéo-verbalisation et son caractère « ponctuel » au-delà de minuit décrit dans la délibération initiale. Depuis, vous avez donc fait évoluer cette mesure en garantissant un fonctionnement jusqu’à 4h du matin ainsi que la pérennisation du dispositif ; d’abord par le volontariat de nos effectifs actuels de police et à terme par l’embauche  d’une vingtaine de policiers municipaux supplémentaires dès 2020. C’était à nos yeux indispensables.

Enfin, dernière mesure évoquée par la Métropole, et pas des moindres, l’installation de bornes rétractables ou barrière pour limiter l’accès notamment de la rue Édouard Herriot. 

Nous saluons évidemment ces avancées, même trop tardives. En effet, pourquoi ne pas avoir agi plus tôt ? Pourquoi avoir attendu que la situation dégénère jusqu’à ce que des habitants soient menacés dans leur propre maison ? Aujourd’hui, la colère est telle que les promesses des pouvoirs publics ne vaudront rien tant que des résultats concrets ne seront pas visibles et durables. Il faut prendre garde que le phénomène ne se soit pas seulement déplacé. Il faut l’éradiquer. Nous ne pouvons pas laisser s’installer l’idée que la Presqu’île ou d’autres quartiers de notre ville puissent être des zones de non-droit. Il est urgent de rappeler qui fait la loi. Les habitants doivent pouvoir se dire qu’ils peuvent vivre tranquille et en sécurité à Lyon. 

Denis Broliquier

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