Le contrat enfance jeunesse n’est pas à la hauteur des besoins des familles. La ville pourrait faire mieux à condition de diversifier les solutions

La politique de la petite enfance est un enjeu majeur tant pour les familles que pour la ville. Pour les familles, elle aide à concilier vie professionnelle, vie familiale, vie associative et permet aux femmes qui le souhaitent, d’avoir une activité professionnelle.

 

Aujourd’hui, comme le montrent les enquêtes, le premier des modes de garde, ce sont les parents. C’est logique mais pour beaucoup de familles ce n’est pas un choix mais lié au fait que l’offre de garde dans les crèches est en deçà de la demande.

 

On dénombre à Lyon autour de 35 000 enfants de moins de 6 ans à Lyon et 19 000 de moins de 3 ans. Le nombre de places en accueil collectifs est de 5550 (dont 1 793 places en gestion municipale directe) et 3000 places en accueil individuel.

 

Le nombre de places augmente moins vite que les besoins de la population et ce contrat n’est pas de nature à rassurer les parents en attente d’une solution.

 

159 créations de places sont prévues en 2015 sur un total de 227 susceptibles d’être proposées dans ce contrat. Le compte n’y est pas ! Surtout lorsque l’on se souvient que dans votre programme électoral vous aviez promis 1000 places en crèches sur le mandat.

 

La réponse n’est pas que quantitative. Il faut aussi de la souplesse et de l’adaptation de nos modes d’accueil. La diversification des modes de garde doit être le corollaire aux besoins de plus en plus diversifiés des familles.

 

Pour rendre efficace le service public de la petite enfance, les présupposés idéologiques doivent aussi s’effacer. Le choix d’une délégation de service public est une des solutions à mettre en œuvre pour compléter l’offre.

 

Il y a quinze ans, les crèches étaient toutes en gestion publique directe. Aujourd’hui près d’un tiers des grandes villes ont aussi des crèches en gestion déléguée gérées par des entreprises de services privées.

 

Une place en crèche privée revient 2 fois moins cher à la collectivité qu’une place dans le public (12 000 €/an). Cette différence se joue en particulier sur la participation financière des entreprises et sur le coût du personnel qui représente 80 % des dépenses de fonctionnement d’une crèche.

 

Des grandes villes, comme Bordeaux, Dijon, Montpellier, Lille combinent gestion directe et gestion déléguée à ces entreprises. Celles qui ont déjà un parc conséquent en régie délèguent les établissements nouveaux.

 

En la matière, la ville de Lyon a pris beaucoup de retard sur les 2 derniers mandats pour des raisons idéologiques. Vous parlez maintenant d’expérimentation, pourquoi ne pas faire le choix de tester cette solution pour tous les nouveaux EAJE (établissements d’accueil jeunes enfants) ?

 

Il ne faut pas confondre service public et statut public des agents qui rendent ce service. Ce n’est pas parce qu’une puéricultrice n’est pas titulaire de la fonction publique qu’elle est moins impliquée dans une mission de service public ! La Ville doit, selon nous, aller bien plus loin dans l’ouverture au secteur privé.

 

La délégation peut contribuer à l’accroissement des capacités d’accueil et à mieux répondre aux besoins des familles. Elle peut permettre de recruter du personnel statutaire. Je rappelle que déléguer un service public ce n’est pas le privatiser, la collectivité reste responsable du service public. La qualité du service offert peut être assurée par le biais d’un cahier des charges précis. Et, cela n’empêcherait pas à la ville de garder la maîtrise de la création de places et de leur répartition dans les arrondissements.

 

Aux questions posées par les transformations familiales et professionnelles et par les contraintes financières, il faut trouver de nouvelles réponses.

 

Vous ne pouvez plus rester immobiles par rapport à ces évolutions.

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