La Ville de Lyon doit être durable et intelligente.

Conseil municipal, lundi 24 novembre 2014

Rapport annuel sur le développement durable

Intervention de Luc Lafond

Nous avons pris connaissance de ce rapport avec la plus grande attention.

Nous remercions les services qui ont fait un travail considérable.

Mais, nous sommes désolés, Monsieur Le Maire, nous ne pouvons pas, cette année encore, vous donner une mention très bien.

Certes, on a noté des améliorations notables dans la présentation. On trouve aussi beaucoup de bonnes pratiques (utilisation de produits éco-labélisés, démarche zerophyto, clause d’insertion dans les marchés, trame verte…).

Mais ce rapport à des allures de catalogue, et même de fourre-tout. On se demande par exemple pourquoi vous citez le Projet Educatif de Territoire dans ce rapport sur 2013 !

En réalité ce rapport s’apparente bien plus à un rapport d’activité annuel des services de la ville. On sent bien qu’il a été élaboré avant tout dans un souci de communication interne et externe.

Pris dans sa globalité, il révèle un manque de vision globale et stratégique du développement durable avec des priorités et une hiérarchie des actions.

Une compilation de mesures diverses et variées ne fait pas une politique cohérente et globale.

La ville n’a pas un plan d’action avec des orientations stratégiques. Elle n’a pas d’agenda 21 contrairement à 54 autres grandes villes françaises. Or, l’agenda 21 est l’outil méthodologique essentiel pour tout organisme qui souhaite s’engager dans une démarche proactive de développement durable.

Le développement durable est un facteur de rayonnement, d’attractivité et d’influence que vous sous-estimez, à notre avis.

C’est dommage que la politique de la ville ne soit pas plus proactive et cohérente avec un agenda 21 articulé au Plan Climat Energie de la Ville. Le tout intégré dans le Plan Climat du Grand Lyon.

C’est de cette manière que vous pourrez faire une politique transversale et innovante pour répondre aux enjeux de la ville de demain, de construire une ville intelligente et durable.

Enjeux auxquels nous sommes attachés, nous élus de l’UDI. C’est Jean Louis Borloo qui a lancé en 2008 le « Plan Ville durable ».

La ville durable contribue au développement de nouvelles filières créatrices d’emplois, notamment dans le domaine de la construction, des services urbains. Elle favorise la mise en oeuvre de circuits courts.

Cette vision concrète, utile et intelligente de l’écologie n’oppose pas croissance et environnement, contrairement à l’idéologie de la décroissance.

Dans le cadre de cette vision, nous voudrions insister sur 2 points essentiels où la ville doit accentuer ses efforts : la nature en ville et la rénovation énergétique.

La présence de la nature en ville est un facteur clé de la qualité de vie urbaine et pour la santé. La ville de Lyon fait un effort d’investissement significatif en faveur du végétal.

Mais il faut aller plus loin. La nature en ville répond à de multiples enjeux dont l’importance devrait s’accroître au fil du temps. La perspective du changement climatique et le 5ème rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ne peuvent que renforcer la prise en compte de cette thématique.

La ville est une source de puits de chaleur. Avec l’accroissement prévisible des températures (voire de la durée des canicules), le confort d’été va devenir un enjeu de santé public principalement pour les personnes âgées. La présence de végétation (arbres, végétation grimpante et surfaces engazonnées) contribue à atténuer les pics de chaleur par les effets d’ombrage ou grâce au phénomène d’évapotranspiration. Elle contribue aussi à oxygéner la ville.

Pour ne pas diminuer les espaces verts, les solutions seront à l’avenir des petits espaces dans les quartiers, les jardins sur les toits, les murs végétaux… Autres pistes d’action possibles: améliorer la mixité faune/flore en développant les initiatives comme l’éco-pâturage, développer les espaces verts dans les zones commerciales et les parkings, les lieux culturels…) et des projets innovants d’agriculture urbaine.

Le mur végétal de Perrache aurait pu constituer le point de départ de cette politique mais hélas il a été quasiment laissé à l’abandon faute d’entretien.

De même, il faut veiller à la place de l’arbre dans les travaux sur l’espace public, comme pour l’aménagement du C3 sur le cours Lafayette où plusieurs arbres pourraient disparaître, ou comme dans le 4ème arrondissement (des arbres ont été abattus montée des Esses). Le Grand Lyon a fait une « Charte de l’arbre », il faut en tenir compte…

2ème point : la rénovation énergétique. Comme l’a montré l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), la facture énergétique des communes s’est envolée ces dernières années malgré un recul de leur consommation. A Lyon, cela représente des sommes astronomiques (plus de 15 millions d’euros en 2013)

On n’a bien noté les économies réalisées dans l’éclairage public mais dans le domaine des bâtiments municipaux, votre rapport est très vague.

La réduction drastique des dotations de l’État et des marges de manœuvre budgétaires doit donc inciter la Ville à intensifier ses efforts dans ce domaine.

La rénovation énergétique est une opportunité pour anticiper des dépenses futures de fonctionnement en les réduisant. Elle permet aussi un effet de levier maximum au service de l’économie. Les bénéfices socio-économiques sont évidents : réduction des dépenses énergétiques, réduction des émissions de CO2, création d’emplois, indépendance énergétique, potentiel de développement d’une filière exportatrice…

Certains bâtiments publics, écoles, gymnases… sont de véritables passoires thermiques. Des collectivités publiques ont pris des initiatives avec la mise en œuvre et la mutualisation des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) qui figurent parmi les bonnes pratiques retenues par l’Observatoire des Agendas 21.

La loi sur la transition énergétique comporte de nouvelles sources de financement. Il faut s’en saisir pour doper ces économies d’énergie.

Au final, ce rapport révèle une politique qui manque de cohérence et de vision. Il faut sortir de l’inventaire à la Prévert, des actions ponctuelles. Cette année nous vous donnons une mention assez bien mais peut mieux faire.

Je vous remercie.

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