Free Floating : accompagner et encadrer pour ne pas être dépassé

Monsieur le Maire,

Le secteur de la mobilité urbaine est en pleine révolution. Des start-up de mise à disposition de voitures, de scooters et de vélos en « free floating » sont en train de s’implanter dans l’ensemble des agglomérations françaises, avec plus ou moins de succès d’ailleurs. C’est une nouvelle manière, simple et fluide, de se déplacer : pas de borne, un simple QR code pour déverrouiller, et la possibilité de les laisser stationner n’importe où. Ces nouveaux services complètent l’offre de mobilité dans nos villes en démocratisant un peu plus les modes doux et propres.

Cependant, l’arrivée de ces acteurs d’un nouveau genre génère des problèmes : développement anarchique, déstabilisation des services publics de mobilité et encombrement de l’espace public. Des conséquences logiques dans la mesure où aucune règlementation précise n’encadre ces nouvelles activités. Nos collectivités, qui sont les premières concernées, doivent s’emparer de ce sujet et accompagner cette évolution avec cohérence. Apporter un cadre réglementaire permettra à la fois le développement de ces offres de service et le respect du partage indispensable de l’espace public entre les usagers.

C’est en ce sens, Monsieur le Maire, que vous nous demandez d’adopter aujourd’hui, cette charte de bonne conduite pour les activités de location de vélos en libre-service sans station sur le territoire de la Ville de Lyon.

Les élus du groupe « les Indépendants » soutiennent ce dispositif. Un premier pas nécessaire afin, que ces jeunes start-up, prouvent leurs volontés de s’implanter durablement dans notre paysage urbain. Car bien que cette charte ne soit qu’incitative, sa signature sera un premier signe de bonne volonté de ces sociétés de collaborer avec notre collectivité. Cela permettra également d’éviter d’être débordé dans les prochains mois lorsque des services de free floating toujours plus innovant apparaitront à Lyon comme, par exemple, les trottinettes électriques de la société américaine Lime qui font actuellement fureur à Paris.

Cependant, un cadre juridique clair est inévitable. On a pu observer dans le domaine du logement, avec les opérateurs de meublés de tourisme, que le flou réglementaire conduisait à des excès, néfaste à l’intérêt général. C’est pourquoi, les élus du groupe « les Indépendants » attendent beaucoup de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) qui permettra de donner à ces nouvelles pratiques des frontières plus précise. Les solutions ne manquent pas avec notamment la mise en place d’une licence délivré par la collectivité ou la mise en place d’une redevance pour l’occupation du domaine public.

En attendant, il est important que notre collectivité ne reste pas passive et prenne les mesures qui s’imposent, si le cas échéant cette charte n’est pas respectée. Monsieur le Maire, il ne faudra pas hésiter, lorsque la situation l’imposera, à mettre en fourrière les véhicules des sociétés qui ne joueront pas le jeu du partage équitable de l’espace public.

Denis Broliquier

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