Confluence : un plan d’équipement public insuffisant et non anticipé.

Monsieur le Maire,

Cette modification n° 3 du programme des équipements publics (PEP) de Lyon Confluence que vous nous demandez d’adopter aujourd’hui ressemble, malheureusement, passablement à la précédente.

En effet, à l’image de la modification n°2, votée en septembre dernier, elle n’est pas à la hauteur des ambitions de la Confluence. Nous le savons tous depuis des années : ce quartier va accueillir 6000 habitants et 10 000 emplois supplémentaires. Alors que vous faites le choix d’une forte densification sur la ZAC 2, vous n’avez pas anticipé les besoins à venir en matière d’équipements publics de proximité. Multiplier les logements et les bureaux entraîne de facto une hausse de la population. Une population qu’il faut accueillir avec des équipements publics de proximité. Or, aujourd’hui, le compte n’y est pas. 

On se souvient, tout d’abord, que la construction de la salle associative et familiale a été abandonnée en septembre dernier alors que votre majorité, Monsieur le Maire, l’avait promise en 2014. Si le projet a bel et bien disparu, le besoin est toujours d’actualité et ne va cesser de croître avec le développement du quartier. Vous savez très bien, Monsieur le Maire, que les salles de la Garenne dans le 5e et de la Ficelle dans le 4e  ne suffisent pas, aujourd’hui, à accueillir l’ensemble des manifestations associatives d’envergure de notre agglomération. Vous savez également que l’émergence d’une vie de quartier à la Confluence ne pourra se faire qu’avec le développement des associations locales et de facto avec des équipements publics de qualité pour les accueillir. Nous avions une chance inespérée de réaliser un projet qui faisait consensus sur tous les bancs de notre assemblée et vous y avez renoncé. C’est une erreur qui va peser durablement sur le quartier.

Ensuite, sur le plan sportif, le compte n’y est pas non plus. Dans ce quartier en renaissance, où tout est à construire, à la pointe de la modernité, nous aurions dû avoir des équipements multi-activités, modulables avec des espaces transformables des jauges évolutives pour optimiser l’utilisation des volumes. Si Confluence est une vraie terre d’expérimentation dans certains domaines, en matière d’équipements publics de proximité, Confluence reste malheureusement très XXe siècle ! 

Mais c’est enfin sur le plan scolaire que le manque d’anticipation est sans doute le plus flagrant. À tel point que la Ville n’est même plus en capacité d’en assurer la construction et se voit obligé d’en confier la maîtrise d’ouvrage à la SPL. Pourquoi pas, mais pourquoi l’avoir fait si tardivement ? La SPL est maintenant acculée à travailler dans l’urgence. Or, on mesure encore chaque jour ce que construire dans l’urgence signifie à l’école Germaine Tillon. Les problèmes de conception et de malfaçons n’en finissent pas d’être résolus même plusieurs années après l’ouverture de l’école. Alors pourquoi sans cesse réitérer les erreurs du passé ?

La Confluence est devenue un quartier de référence au-delà de nos frontières lyonnaises, en matière d’architecture, d’environnement et de haute technologie. On l’a encore vu vendredi dernier avec la présentation du projet H7, projet pour lequel nos collectivités ont trouvé des moyens financiers considérables, 13,50 M€. Une participation colossale par rapport à ce qui se fait aujourd’hui à travers le monde. Cependant, nous devons faire en sorte que ce quartier soit viable et vivable pour ces futurs habitants. Confluence n’a pas vocation à être seulement la vitrine de notre Ville et de notre Métropole.

Denis Broliquier

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