Un budget qui sent le réchauffé !

Le budget primitif constitue le premier acte obligatoire du cycle budgétaire annuel de la collectivité. Il retrace l’ensemble des recettes et des dépenses pour l’année à venir. Comme chaque année, les élus UDI et apparentés dénoncent l’absence de réforme structurelle à la Ville de Lyon afin de diminuer drastiquement les dépenses. Le budget 2018 n’est pas malheureusement que la copie conforme des budgets des années précédentes.

” On découvre que cette année les mets de résistance n’ont  pas été concocté  par le nouveau chef Georges Képénékian, mais par le chef à la retraite Gérard Collomb. Vous me direz, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. En cuisine peut être, mais pas en politique ! Et comme on pouvait si attendre, le 17e service du Restaurant « Évidemment Lyon », est décevant “.

 

 

Conseil municipal du 18 décembre 2017

Rapport n°2017/3471 : Vote du Budget Primitif 2018

Intervention de Denis Broliquier

 

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

La municipalité, que vous dirigez depuis 5 mois, nous présente son projet de budget. Depuis maintenant plusieurs années, les élus UDI et apparentés proposent des solutions alternatives crédibles et innovantes à la politique budgétaire que vous menez. Avec un objectif central : réformer la Ville de Lyon, l’adapter au monde moderne et gagner en efficience. Visiblement, après toutes ces années, le message n’est pas passé. Peut-être faut-il, à l’approche de Noel, vous le dire autrement…

Monsieur le Maire, même après les explications de Richard Brumm, je reste sur ma faim ! Vous êtes comme moi un gourmet. Je suis certain que vous partagez ma peine. En juillet dernier, nous avions pourtant bien commencé le repas après votre arrivée en cuisine, par des hors-œuvres. Il faut le dire, ils étaient alléchants : de la concertation, du dialogue, de l’écoute, du respect voire même de l’estime. Après 16 années de diète, ô combien douloureuse, la promesse d’un retour à un repas enfin équilibré nous mettait en appétit. La promotion de votre nouveau second, Richard Brumm, était un signe encourageant. Nous attendions donc avec gourmandise le plat principal : le budget 2018. Mais comme le laissait apparaître la mise en bouche du mois dernier, le débat d’orientation budgétaire, le menu nous reste une nouvelle fois sur l’estomac.

Force est de constater que cette année les plats n’ont pas été concocté par le nouveau chef. Vous me direz, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. En cuisine sans doute, mais pas en gestion et en management ! Et comme on pouvait si attendre, ce 17e service du Restaurant « Évidemment Lyon », est décevant.

Malgré des critiques qui ne sont pas mauvaises, le budget 2018 manque cruellement de saveur et de créativité. Depuis des années, une routine mécanique s’est installée dans la brigade municipale. À force de toujours préparer les mêmes recettes, avec les mêmes proportions et les mêmes ingrédients : la passion s’est envolée et les résultats en pâtissent. Le poisson, rempli d’arêtes fiscales, a toujours autant de mal à être avalé par les Lyonnais. Temps de travail, statuts, gestion du régime indemnitaire… : l’assaisonnement semble tout droit sortit d’un vieux frigo socialiste ! Il faut dire que certains de vos commis, pourtant adeptes de la cuisine végétarienne voire végan, n’arrivent toujours pas à utiliser des ingrédients bio.

Bref, vous l’aurez compris, on est tout de même loin d’une cuisine novatrice. On ne vous demande pas de passer à une cuisine moléculaire, mais de changer la méthode pour plus d’efficacité. Pourtant, les Lyonnais sont demandeurs d’une politique plus moderne et plus fraîche, menée par des décideurs n’ayant pas peur d’assumer des choix difficiles et de prendre des risques par le biais d’expérimentations audacieuses.

Les élus UDI et apparentés proposent depuis maintenant plusieurs années de mettre en place un processus de recherche, d’analyse et d’adaptation afin d’améliorer l’organisation de notre Ville. Même si cela déplaît à certain de vos adjoints, la question des dépenses de personnel, qui représentent désormais 56,63% des dépenses de fonctionnement, doit être appréhendée avec pragmatisme et lucidité. Il ne s’agit aucunement de supprimer 2000 postes ou de faire disparaître des services publics comme certains ont tenté de le faire croire durant le débat d’orientation budgétaire du mois dernier. Il s’agit tout d’abord, de réfléchir aux transferts de certaines compétences et de certains équipements à des collectivités plus aptes à accomplir un service public de qualité sur notre territoire. Donnez aux arrondissements la gestion des équipements de proximité et à la Métropole des équipements à rayonnement métropolitain. Ensuite, une mutualisation accrue du personnel et des locaux. L’approche actuelle de la municipalité, dans ce domaine, n’est pas à la hauteur des enjeux. Enfin, il faut identifier les tâches dans lesquelles le secteur privé serait plus compétent, plus efficace et plus économe que le secteur public. Pour répondre à toutes ces questions, les élus UDI et apparentés vous demandent de convoquer, dès à présent, les états généraux des services publics Lyon-Métropole afin de trouver la gestion la plus adéquate. Osez mettre le sujet sur la table, Monsieur le Maire, afin que chacun, y compris les partenaires sociaux, participent au débat.

En attentant, vous l’aurez tous compris, l’addition salée que vous présentez, les élus UDI ne comptent pas, comme les années précédentes, la payer. Nous voterons contre le Budget 2018. Nous espérons cependant, que l’année prochaine, vous présenterez enfin un menu plus novateur. À un an de l’ouverture de la cité de la gastronomie, il sera grand temps de démontrer les talents culinaires de la Ville de Lyon.

Denis Broliquier

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