Ancien Site industriel de Nexans dans le 7e : une dépollution totale ou partielle ?

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

En mai 2015, la société Nexans, anciennement Les Cables de Lyon, a cessé ses activités de production libérant par la même occasion 85 000 mètres carrés de son site de la rue Pré-Gaudry au Nord de l’actuel ZAC des Girondins dans le 7e.

En avril dernier, la Métropole de Lyon a acquis une partie de ce tènement pour un coût de 14 000 000 € afin d’y aménager des équipements publics et en particulier un collège dont la construction a été décidé en mars 2018.

Ces sites relevant du régime des installations classés, le Conseil municipal de Lyon doit, aujourd’hui, émettre un avis sur la demande d’établissement de servitudes d’utilité publique afin de s’assurer du suivi de la dépollution des tènements. Les études réalisées, par la société Nexans, établissent que le risque sanitaire lié aux pollutions résiduelles du site est acceptable pour un usage industriel, artisanal, tertiaire (bureau) ou de parking à condition de respecter les hypothèses retenues dans cette analyse, à savoir : l’imperméabilisation de certaines zones, le maintien d’un recouvrement systématique des sols, l’absence d’usage de la nappe.

Je dois avouer que l’usage du terme « acceptable » quand on parle de pollution des sols m’inquiète. Surtout quand ce terme est associé aux prescriptions incluses dans le rapport : taux de ventilation des bâtiments, fréquence d’exposition, imperméabilisation des sols afin d’empêcher le lessivage des sols par infiltrations d’eaux pluviales pouvant conduire à une pollution de la nappe phréatique, …

Sur cet ancien site industriel est notamment envisagé la construction d’un nouveau collège ainsi que du nouveau campus de l’EM Lyon. Monsieur le Maire pouvez-vous nous apporter plus de précisions sur la qualité sanitaire des sols de ces parcelles ? Avez-vous des garanties, de l’ancien propriétaire, vis-à-vis de la prise en charge d’éventuels frais supplémentaires de dépollution dans l’avenir ? Ne reproduisons pas à Lyon l’exemple de Stocamine en Alsace.

Au-delà de ce dossier précis, Monsieur le Maire, Monsieur le Président, la Ville de Lyon et la Métropole de Lyon ont-elles des services internes en charge du suivi et des contrôles des anciens sites classés ou ce déchargent-elles sur les services de la préfecture ?

Dernière question concernant le suivi de la qualité de la nappe phréatique. J’ai demandé à plusieurs reprises des informations sur les outils mis en œuvre pour suivre la qualité des eaux des nappes phréatiques sous la Ville de Lyon. Un suivi aussi bien en terme chimique, bactériologique mais aussi vis-à-vis du niveau de ces nappes et de leurs températures. En effet de plus en plus d’immeubles utilisent ces nappes pour leur climatisation, nous aurons d’ailleurs très certainement une demande d’autorisation pour les futurs bâtiments qui vont être construits sur l’ancien site NEXANS. Les parkings souterrains privés et surtout publics mais aussi les lignes de métro ont profondément modifié les courants qui irriguent ces nappes. Il y a urgence qu’une étude globale de nos nappes soit lancée avec un suivi dans le temps.

Je vous remercie.

Christophe Geourjon

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